Six semaines avant l'échéance, voici le strict nécessaire pour être en règle au 1er septembre. Avec le détail des sanctions applicables dès le premier jour.
Il reste six semaines
Le 1er septembre 2026 ne bougera pas. La confirmation est venue de l'administration : pas de nouveau report, malgré les demandes. Le cap est tenu.
Si vous n'avez encore rien fait, voici le strict nécessaire. Pas le projet idéal, pas la refonte de votre gestion : le minimum pour être en règle et ne pas bloquer vos fournisseurs.
Comptez une demi-journée au total, étalée sur deux semaines pour laisser le temps aux tests. Pour le détail des obligations, voir ce que le 1er septembre change vraiment ; pour le choix du prestataire, la méthode en 5 questions.
☐ 1. Choisir une plateforme agréée
C'est l'étape obligatoire, celle sans laquelle rien d'autre ne compte. La liste des plateformes immatriculées est publiée par la DGFiP et compte plus d'une centaine d'acteurs.
Avant de comparer : demandez à votre expert-comptable et à votre éditeur de logiciel ce qu'ils utilisent. Dans une majorité de cas, la réponse règle la question en cinq minutes, et vous évitez un point d'intégration supplémentaire.
Si vous partez de zéro, calibrez sur la réception uniquement. Votre obligation d'émission n'arrive qu'en septembre 2027 si vous êtes artisan, indépendant ou dirigeant d'une petite structure.
☐ 2. S'inscrire dans l'annuaire central
C'est l'étape que tout le monde oublie, et c'est la plus importante.
L'annuaire recense chaque entreprise assujettie et la plateforme qu'elle a désignée. C'est ce qui permet à vos fournisseurs de savoir où vous adresser leurs factures. Choisir une plateforme sans s'inscrire revient à acheter une boîte aux lettres sans la poser devant chez soi.
L'inscription concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, y compris celles dont l'obligation d'émission n'arrive qu'en 2027, y compris celles en franchise en base, y compris les activités exonérées qui restent juridiquement assujetties.
☐ 3. Tester une réception réelle
Demandez à un fournisseur volontaire de vous envoyer une facture via le dispositif, et vérifiez qu'elle arrive, qu'elle est lisible, et qu'elle atterrit là où vous l'attendez.
Ce test est l'étape que presque personne ne fait. C'est pourtant la seule qui prouve que votre configuration fonctionne. Un échec détecté en août se corrige tranquillement. Le même échec découvert le 3 septembre, avec un support saturé par des millions d'entreprises dans la même situation, se paie en semaines.
☐ 4. Prévenir vos fournisseurs et vos clients
Un mail suffit. Indiquez la plateforme que vous avez retenue et à partir de quand vous êtes en mesure de recevoir.
C'est aussi l'occasion de savoir où en sont vos partenaires. Un fournisseur qui n'a rien préparé est un fournisseur qui vous facturera en retard à la rentrée.
☐ 5. Vérifier l'archivage
Posez trois questions à votre plateforme : l'archivage est-il compris dans le tarif, sur quelle durée, et sous quel format récupère-t-on les documents en cas de changement de prestataire.
C'est la ligne qu'on découvre à la résiliation, et il vaut mieux la lire maintenant.
Le barème des sanctions
Pour situer l'enjeu, sans dramatiser.
L'absence de plateforme agréée au 1er septembre est sanctionnée de 500 €, puis de 1 000 € tous les trois mois tant que la situation dure. Une facture émise hors du dispositif coûte 15 €. Un manquement à l'e-reporting, 250 €. Des plafonds annuels s'appliquent.
L'administration a indiqué qu'elle apprécierait la situation au regard d'une trajectoire sérieuse de mise en conformité : plateforme choisie, échanges engagés avec l'éditeur ou l'expert-comptable, tests en cours. Autrement dit, avoir commencé compte. N'avoir rien fait, non.
Le risque réel, encore une fois, n'est pas l'amende. C'est le fournisseur qui ne peut plus vous facturer, la facture qui n'arrive jamais, et le retard de paiement qui suit.
Si vous ne faites qu'une chose cette semaine
Envoyez ce mail à votre expert-comptable : « Quelle plateforme agréée recommandez-vous, est-elle intégrée à notre outil, et pouvez-vous nous inscrire dans l'annuaire central ? »
Dans beaucoup de cabinets, la réponse déclenche une procédure déjà rodée, et votre part du travail se limite à une validation.
Questions fréquentes
Suis-je concerné si je suis en franchise en base de TVA ?
Oui. C'est le statut d'assujetti qui déclenche l'obligation de réception, pas le fait de facturer de la TVA. Les activités exonérées sont également concernées.
Dois-je aussi émettre mes factures au format électronique ?
Pas avant le 1er septembre 2027 si vous êtes une petite structure ou une micro-entreprise. Au 1er septembre 2026, seules les grandes entreprises et les ETI ont cette obligation. Calibrez donc votre abonnement sur la réception.
Comment mon adresse est-elle inscrite dans l'annuaire ?
Ce n'est pas une démarche que vous faites vous-même : votre plateforme agréée déclare et active votre adresse sur la base d'un mandat que vous signez. Demandez-lui une confirmation écrite d'activation.
Que risque une entreprise qui n'a pas de plateforme au 1er septembre ?
L'administration adresse d'abord une mise en demeure laissant trois mois pour régulariser. L'amende de 500 € ne tombe qu'à défaut, puis 1 000 € tous les trois mois. Un droit à l'erreur s'applique sur 2026 et 2027 pour les acteurs de bonne foi.
Puis-je changer de plateforme après coup ?
Oui. La portabilité est encadrée : l'ancienne plateforme doit maintenir l'annuaire à jour et assurer un service minimal pendant la transition.


