Un fichier texte à la racine de votre domaine, une dizaine de lignes, et les moteurs génératifs savent enfin quoi lire chez vous. Avec le nôtre en exemple.
Vos visiteurs ne sont plus tous humains
Quand ChatGPT, Claude ou Perplexity vont chercher de l'information sur votre site, ils ne le lisent pas comme un internaute. Ils ne voient ni votre mise en page, ni vos animations, ni votre menu. Ils absorbent du texte, tentent d'en extraire une structure, et abandonnent vite si c'est confus.
Et contrairement à Google, ils n'ont aucun historique de votre site pour se repérer.
llms.txt répond à ce problème. C'est un simple fichier texte, placé à la racine de votre domaine, qui dit aux moteurs génératifs : voici ce que je fais, voici mes pages importantes, commence par là.
Proposition initiale de Jeremy Howard en septembre 2024, le standard s'est diffusé sans jamais être officialisé. Plusieurs centaines de sites l'ont adopté, dont des éditeurs de logiciels de premier plan.
À quoi ça ressemble
Du Markdown, une trentaine de lignes maximum pour un site d'entreprise :
# NYMA Factory
> Agence digitale et IA. Nous concevons des sites,
> automatisons des processus et accompagnons les petites
> entreprises sur leurs usages de l'intelligence artificielle.
## Ce que nous faisons
- [Automatisation](https://www.nymafactory.com/services/automatisation): connexion d'outils, workflows métier
- [Développement](https://www.nymafactory.com/services/developpement): sites et applications sur mesure
- [Conseil](https://www.nymafactory.com/services/conseil): conformité IA, choix d'outils, cadrage
## Ressources
- [Blog](https://www.nymafactory.com/blog): articles sur l'IA, la conformité et l'e-commerce
- [Contact](https://www.nymafactory.com/contact): prise de rendez-vous
## À propos
Agence basée à Paris. Interlocuteurs : petites entreprises,
indépendants, artisans, e-commerçants.
Trois règles derrière cet exemple. Une description qui dit ce que vous faites et pour qui, pas votre année de création. Des URL absolues, jamais relatives. Et une phrase de contexte après chaque lien, parce que c'est elle qui permet au modèle de savoir quand citer cette page plutôt qu'une autre.
Le cas d'un site de dix pages
La plupart des articles sur le sujet s'adressent à des éditeurs disposant de centaines de pages de documentation. Ils recommandent alors un second fichier, llms-full.txt, contenant l'intégralité du contenu consolidé.
Si votre site fait dix pages, ce fichier n'a aucun sens. Il dupliquerait un contenu que les modèles peuvent déjà lire intégralement en quelques requêtes, et vous créeriez une seconde source à maintenir — donc à laisser périmer.
La règle simple : en dessous de cinquante pages, llms.txt seul. Au-delà, et seulement si vous avez une vraie documentation produit, la question du fichier complet se pose.
Vérifiez d'abord que vous n'êtes pas bloqué
Avant d'ajouter quoi que ce soit, regardez ce que vous interdisez déjà. Ouvrez votresite.com/robots.txt.
Beaucoup de sites ont bloqué les robots d'IA en 2024, souvent sans décision explicite : un réglage proposé par un hébergeur, une extension installée, une recommandation lue quelque part. Si GPTBot, ClaudeBot, PerplexityBot ou Google-Extended sont en Disallow, aucun fichier ne vous rendra visible.
User-agent: GPTBot
Allow: /
User-agent: ClaudeBot
Allow: /
User-agent: PerplexityBot
Allow: /
User-agent: Google-Extended
Allow: /
Cette vérification prend deux minutes et règle parfois tout le problème.
Ce qui compte plus que le fichier
Soyons clairs sur les proportions : llms.txt est un signal utile, pas un levier magique. Aucun moteur ne s'engage à le lire, et il ne compensera jamais un contenu que personne n'a envie de citer.
Ce qui pèse davantage :
La réponse en tête de section. Un modèle cite un passage, pas une page. C'est le levier le plus rentable, et nous avons détaillé pourquoi le clic se raréfie. C'est le levier le plus rentable, et nous avons détaillé pourquoi le clic se raréfie. Une section qui répond dans ses deux premières phrases est reprise ; une section qui déroule trois cents mots d'introduction ne l'est pas.
Les données vérifiables. Un chiffre daté et sourcé est cité bien plus volontiers qu'une affirmation générale.
Le rendu côté serveur. Si votre contenu n'apparaît qu'après exécution du JavaScript, une partie des robots ne verra rien.
Les données structurées. Un balisage correct facilite l'attribution, donc la citation avec votre nom.
Savoir si ça fonctionne
Il n'existe pas encore d'équivalent de la Search Console pour les moteurs génératifs. Deux méthodes accessibles :
Posez à ChatGPT, Claude et Perplexity les questions que poseraient vos clients, et regardez qui est cité. Vingt requêtes donnent déjà une bonne indication, et l'exercice est instructif même quand il est désagréable.
Surveillez ensuite vos sources de trafic. Les visites en provenance de chatgpt.com, perplexity.ai ou du mode IA de Google apparaissent dans vos statistiques. Le volume est faible, mais la tendance compte plus que le niveau.
En pratique
Comptez une heure. Créez le fichier, déposez-le à la racine, vérifiez qu'il s'affiche en texte brut et non téléchargé. Vérifiez votre robots.txt. Ajoutez la date de dernière mise à jour en bas du fichier.
Puis retournez au vrai travail : rendre vos pages citables. Le fichier ouvre la porte, il ne remplit pas la pièce.
Questions fréquentes
Est-ce que llms.txt est un standard officiel ? Non. C'est une proposition ouverte, adoptée volontairement par plusieurs centaines de sites. Aucun moteur ne s'engage contractuellement à le lire. C'est un signal utile et peu coûteux, pas une garantie.
Est-ce que ça remplace le sitemap ? Non, les deux coexistent. Le sitemap liste vos URL pour les moteurs de recherche classiques ; llms.txt donne du contexte éditorial aux moteurs génératifs. Gardez les deux.
Faut-il aussi créer llms-full.txt ? Seulement au-delà de cinquante pages environ, et si vous avez une vraie documentation. En dessous, il duplique un contenu déjà lisible et devient une source à maintenir de plus.
Combien de temps avant de voir un effet ? Aucun délai garanti, et l'effet ne se mesure pas en trafic. Regardez plutôt si vous êtes cité quand vous posez à un assistant les questions de vos clients. C'est le bon indicateur.
Bloquer les robots d'IA protège-t-il mon contenu ? Cela vous rend surtout invisible. Pour Google, les directives qui excluent les fonctionnalités génératives reviennent en pratique à sortir de l'index classique. Ce n'est pas un arbitrage tenable pour une entreprise qui vit de sa visibilité.




